Quand on évoque l'entretien des espaces verts et le matériel agricole robuste "Fabriqué en France", un nom résonne tout particulièrement au cœur du Jura : KIVA. Depuis près d'un siècle, cette marque incarne l'ingéniosité mécanique française. Mais comment une petite innovation locale des années 1930 est-elle devenue une référence incontournable de la motoculture professionnelle et de loisir ? Plongée dans l'histoire d'une marque qui a su dompter la végétation la plus tenace.

1. Les origines de KIVA : Une révolution agricole née dans le Jura (1930)
L'histoire de la marque KIVA commence officiellement au tout début des années 1930 à Lons-le-Saunier, dans le département du Jura. À cette époque, le travail de fauchage dans les exploitations agricoles de montagne reste une tâche harassante, dépendante de la traction animale.
C’est sous l'impulsion d'Henri Daloz que l'entreprise va bouleverser le quotidien des éleveurs jurassiens. L'idée de génie ? Adapter un moteur à explosion sur le bâti d’une faucheuse classique pour s'affranchir totalement des chevaux.
L’invention de l'autofaucheuse à trois roues
Commercialisée dès 1933-1934, la première machine KIVA se démarque immédiatement par sa configuration singulière :
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Un châssis monté sur trois roues (deux grandes roues motrices à l'arrière, une roue directrice à l'avant).
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Une barre de coupe plus étroite que la moyenne, spécialement pensée pour se faufiler sur les terrains accidentés et les pentes montagneuses du Jura.
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Un prix d'achat particulièrement accessible pour les petits exploitants de l'époque.
Cette faucheuse motorisée, que l’on finit par appeler tout simplement "une Kiva" par antonomase, devient le premier grand succès commercial de la marque.
2. L’âge d’or des "Kivas" : Le compagnon indispensable des éleveurs
Après la Seconde Guerre mondiale, les Établissements Daloz passent à la vitesse supérieure. La demande explose littéralement dans les années 1950. Le succès est tel que la liste d'attente s'allonge : certains clients doivent patienter jusqu'à deux ans pour recevoir leur précieuse machine.
L’usine de Lons-le-Saunier tourne à plein régime et modernise constamment ses modèles. Le moteur initial rudimentaire est remplacé par des mécaniques plus puissantes (moteurs Chaise, puis les célèbres moteurs à essence Bernard Henri ou les moteurs Diesel italiens VM).
Évolution technique des modèles historiques
| Période / Année | Évolution Technique Majeure | Impact sur le Terrain |
| 1933 | Modèle monovitesse avec roues en fer. | Première mécanisation sans traction animale. |
| Années 1950 | Intégration de pneumatiques et boîte 3 vitesses. | Plus grande polyvalence, utilisation possible en traction de petite remorque. |
| 1963 | Lancement de la version motorisée Diesel. | Gain d'endurance pour les travaux intensifs des collectivités. |
| 1965 | Ajout de l'éclairage et du démarrage électrique. | Confort de travail accru, notamment pour les Ponts et Chaussées. |
La notoriété de KIVA dépasse alors largement les frontières de la Franche-Comté. Un tiers de la production s'exporte partout en France (Finistère, Massif Central, Pyrénées) et s'envole même à l'international, notamment en Afrique et en Asie. Les utilisateurs passionnés de ces machines historiques se baptisent encore aujourd'hui fièrement les "Kivatistes".
3. Le virage stratégique des années 1970 : Cap sur la motoculture
Face à la modernisation massive de l'agriculture et à l'arrivée des grands tracteurs polyvalents, le marché des autofaucheuses traditionnelles s'essouffle au cours des années 1970. C’est là que la marque KIVA opère un virage à 180 degrés indispensable à sa survie : la reconversion dans le matériel de motoculture.
Bâtissant sur son savoir-faire historique de la coupe et de la robustesse, KIVA développe de nouvelles gammes d’outils pour l’entretien des espaces verts, s'adressant aussi bien aux particuliers exigeants qu'aux professionnels (paysagistes, municipalités).
Le déploiement d'une gamme diversifiée
En 1980, la marque lance une gamme mémorable de débroussailleuses à roues (les modèles Diane, Roto 50, Roto 60, etc.). Au fil des décennies, le catalogue s’enrichit pour répondre à tous les besoins de la propriété rurale et du jardinage :
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Tondeuses débroussailleuses autotractées : Idéales pour les herbes hautes, les friches et les ronces.
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Broyeurs de végétaux : À l'image des gammes Destroï (Cesium, Selenium), performantes pour la réduction des branches.
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Scarificateurs et motobineuses : Pour le soin du gazon et le travail de la terre.
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Scies et fendeuses de bûches : Pour l'exploitation du bois de chauffage.
4. Pourquoi KIVA reste une référence du "Fabriqué en France" aujourd'hui ?
À l’heure où la majorité des outils de jardinage grand public proviennent d'usines asiatiques aux composants standardisés, KIVA cultive sa différence. Fidèle à ses valeurs d'origine, le constructeur conçoit et fabrique ses machines sur le territoire national.
Ce qui fait la force de KIVA aujourd'hui : des châssis en acier ultra-résistants, une réparabilité exemplaire grâce à la disponibilité des pièces détachées, et des motorisations sélectionnées chez les meilleurs fabricants mondiaux (Honda, Yamaha, Rato).
Qu'il s'agisse de défricher un sous-bois dense avec un modèle haut de gamme Apollo, de nettoyer une pelouse avec le scarificateur Prima, ou de sécuriser les voiries grâce aux désherbeuses mécaniques Calypso, choisir KIVA reste un investissement pérenne.
Conclusion : Un siècle d’innovation au service du vert
Des premières innovations d'Henri Daloz pour soulager les éleveurs du Jura jusqu'aux broyeurs thermiques modernes, la marque KIVA a traversé les époques sans perdre son ADN. Elle prouve de la plus belle des manières que la robustesse mécanique et l'ancrage local restent les meilleurs atouts pour durer.
